Quand le Sahara s’invite dans nos assiettes…
12/03/2007Notre ami Kader habite à Tamanrasset. C’est là, à l’extrême sud de l’Algérie, aux frontières du Mali et du Niger.
De passage en France, il nous a fait la gentillesse de nous concocter un plat que l’on mange avec lui quand on bivouaque dans le désert. Une taguella.
Là-bas, c’est dans le sable qu’elle est cuite, à même les braises. Ici, il nous a montré comment la préparer sans transformer le jardin en bac à sable. Dans le four, comme il la prépare dans sa maison de Tam quand il n’est pas “au désert”.
D’abord, on mouille la semoule avec de l’eau et on pétrit.
Quand on voit les belles mains de Kader travailler la pâte, c’est déjà un spectacle, quand en plus il chantonne une chanson du groupe “Tinariwen”, on se retrouve direct la tête dans le sable et la vie devient soudain très simple.

Tellement simple que dans ses mains s’est formée une boule qu’il a présentée comme une offrande.
Quand il l’a sortie du four, elle était plate, chaude, croquante. Ce n’est pas une pâte levée et de toutes façons, elle va bientôt être réduite en miettes ! Si, si, ici, cette taguella sera impitoyablement réduite en miettes !
Pendant que la taguella cuisait dans le four, on a préparé le plat qui va avec : Kader appelle ça “la sauce”.

Il m’avait dit : “je n’ai pas besoin de grand chose. Les épices, ça, je sais que tu les as ! Du ras-el-hanout, du piment, du cumin, de la coriandre… Et puis 2 ou 3 carottes, des oignons. Ah oui ! des lentilles aussi. Vertes. Bon, et puis des tomates bien sûr, mais ça on en a toujours, et de l’ail, c’est pareil. Et de la viande”.
“Euh Kader, les tomates en ce moment à Paris, c’est un peu de la flotte tu sais…”
Un grand éclat de rire. “Pelées, en boîte, fraîches, congelées, c’est bon, va, t’inquiète pas ! Ce que tu trouves, ça ira bien !”
“Kader, la viande, tu veux quoi, de l’agneau ?”

“Oui, oui, du mouton quoi !”
“Kader, euh, et en quantité ? …”
Silence radio. Moi, pour l’aider, et parce que je connais le plat : ” Bah, je prends 500 g, 1 kilo ?”
“Oui, c’est parfait”.
Alors, comme on était 5, j’ai pris 5 morceaux de collier d’agneau, en me disant que vraiment, je me compliquais la vie !


Je vous avais dit qu’on allait l’émietter impitoyablement….
Il a pris “la sauce”. Il l’a versée sur la taguella. Il a posé la viande sur un plat à côté.


“Mes amis, on peut manger.”
Vous imaginez qu’on se l’est pas fait dire deux fois…
On a mangé à table, mais dans notre coeur, on était par terre, comme là…
Allez, cliquez sur l’image, on vous y transporte pour vous donner la recette de la taguella “originelle” …









